Les Jardins Temporaires poursuivent la démarche des Temporäre Gärten, initiée à Berlin en 1997 par les paysagistes Daniel Sprenger et Marc Pouzol, avec le soutien de l’Union des Architectes-Paysagistes de Berlin-Brandebourg (BDLA-BB).

Au travers d’une promenade au fil d’une vingtaine d’installations appelées "jardins temporaires", nous invitons les habitants et visiteurs à s’intéresser et à contribuer à la révélation et à la fabrique d’un paysage urbain, en détournant et transformant leur perception d’un quartier. Ces installations sont réalisées par des personnes ou collectifs de professions diverses (paysagistes, architectes, plasticiens, designers, etc.) dont la démarche et le discours correspondent au thème et à l’esprit de la manifestation.

Le terme de jardin est employé dans le sens ou il s’agit de composer des interventions éphémères, légères, sur le thème du jardin, qui invitent le passant à la promenade, à la flânerie. La succession de ces jardins temporaires constitue un parcours amenant le visiteur à entrer dans le quartier, à le découvrir, sans pour autant constituer une promenade touristique dans le "Havre pittoresque". Dans ces jardins, il s’agit de réaliser des projets situés, c’est-à-dire qui ne peuvent exister qu’à l’endroit pour lequel ils sont créés. Chaque lieu de jardin est investi de manière à être révélé ou transformé.

Cette manifestation a pour but de sensibiliser les habitants à leur environnement, leur cadre de vie, dans l’idée que la ville est l’affaire de tous. C’est aussi une façon de s’interroger sur l’idée du jardin dans la ville et du rôle qu’il est amené à y jouer.
Pour qu’un débat démocratique existe autour de ces questions, il faut sans doute commencer par des actions qui permettent à chacun de se retrouver, en ville, ensemble.

Deux éditions des Jardins Temporaires se sont tenues pendant trois jours lors des week-end du 14 juillet 2000 et 2001.
Près de 3000 visiteurs chaque année ont pu découvrir, ou redécouvrir, au gré des jardins, un autre visage du quartier de l'Eure.

Si l'urbanisme du quartier de l'Eure/Saint-Nicolas évolue peu, et plutôt par une forme d'abandon, une évolution a lieu dans les quartiers limitrophes. Des projets se réalisent pour les quartiers des Docks, autour du bassin Paul Vatine, et pour le bassin de l'Eure. Les éditions 2000 et 2001 ont mis l'accent sur ces espaces limitrophes, c'est-à-dire les bassins. 2000 a mis en évidence la relation ville-port et 2001 la relation au quartier Vauban et donc au centre-ville.

Nous avons renouvelé l'expérience pour l'année 2001, sur ce même quartier pour plusieurs raisons: la diversité des interventions de la première année et des points de vue qu'elles ont suscité, laissant entendre que les potentialités du site étaint loin d'être épuisées, l'intérêt manifesté par les visiteurs, la position des habitants, dont la réserve lors de la présentation du projet et de la préparation de la manifestation a fait place, lors de la manifestation, à la curiosité et l'enthousiasme, face à l'intérêt porté à leur quartier.

Une participation des habitants a eu lieu lors de l'édition 2001, à différents niveaux. Des contacts, pris l'année 2000 avec la plupart des acteurs du
quartier, se sont concrétisés lors de cette manifestation 2001 (participation à la réalisation de jardins temporaires, organisation d'événements
parallèles).